Le gaz naturel encore appelé gaz de ville par beaucoup est composé de plus de 85 % de méthane. On le trouve dans le sous-sol de nombreux pays, seul ou associé avec le pétrole brut.

Il est toujours stocké sous forme gazeuse et il est plus léger que l’air. En cas de fuite, il s’évapore.

Il est transporté dans des canalisations souterraines.

Le Gaz Naturel Véhicule (GNV)


Le carburant GNV est du gaz naturel comprimé à 200 bars, comme l'air comprimé dans une bouteille de plongée. Il est stocké sous forme gazeuse dans un réservoir spécifique intégré sous le coffre ou sous le châssis du véhicule. Les véhicules légers sont bicarburation : ils disposent d'un réservoir de GNV et d'un autre pour l'essence. Quand il n'y a plus de gaz, le véhicule roule à l'essence.

Les crash-tests ont montré que la présence de gaz naturel à bord d’un véhicule n’avait pas d’influence sur son niveau de sécurité en cas de choc ou d’incendie.

Principales caractéristiques


  • La consommation et les performances sont identiques (+ ou - 8 %) à celles de l’essence,
  • il est vendu en station service en Europe entre 0.60 et 0.70 € l'équivalent litre d'essence,
  • Les émissions de CO2 sont inférieures de 20 à 25 % par rapport à l'essence, est de 5 à 10 % par rapport au diesel,
  • il n'émet ni suie, ni particules détectables, ni odeur, ni fumée noire, ni SO2,
  • ses émissions de NOx sont inférieures de 50 à 90 % , et celles de CO légèrement supèrieures,
  • 2 Opel, 2 Mercedes, 2 VW, 4 Fiat, 2 PSA et tous les modèles Ford existent en Europe sans compter les utilitaires, les poids lourds, les bennes à ordures et les bus.


Pourquoi avec ces avantages le GNV n'est pas développé en France alors que 5 millions de véhicules roulent au GNV dans le monde, dont plus de 400.000 en Italie ?

Pour deux raisons.

En France il n'y a pas de réseaux de distribution (20 stations-service publiques et une centaine privées) alors même qu'il en existe plus de 700 en Allemagne, 500 en Italie et près de 100 en Suisse. Et pourtant Gaz de France propose une solution de remplissage individuel qui peut être installée dans le garage des 4 millions de pavillons qui utilisent le gaz de ville pour se chauffer ou cuisiner.

L'autonomie en gaz des véhicules se situe entre 200 et 450 km, ce qui est considéré par nos concitoyens et les entreprises comme insuffisant, même si avec l'essence, l'autonomie totale dépasse les 800 km. Quand on intègre le fait que 85 % des Français parcourent moins de 65 km par jour, de nombreux propriétaires de pavillon pourraient rouler au GNV.

Perspectives

Au Mondial de l'automobile en 2004 à Paris, un démonstrateur Smart GNV avait été développé par les ingénieurs de l'IFP (Institut Français du Pétrole) et Gaz de France. Son moteur  monocarburation procurait un gain de puissance de 30 % et diminuait de 30 % les émissions polluantes par rapport à son homologue essence.

Ces gains sont le fait du pouvoir anti-détonnant et du taux de compression du GNV beaucoup plus élevés (indice d'octane 125). Si on ajoute à cela qu'un moteur GNV est plus silencieux, émet moins de vibration et s'use moins (moins de résidus de combustion), il apparaît que c'est une des 2 solutions immédiates avec l'électricité pour diminuer les polluants et notre dépendance énergétique. En effet, il est facile de produire du biogaz à partir de nos ordures, des boues des stations d'épuration ou encore de très nombreux déchets agricoles comme les lisiers par exemple. Le véhicule roule alors avec un agrocarburant totalement renouvelable.

Conclusion

En 2006, le lobbying céréalier, entre autre, a eu raison des scientifiques et des experts indépendants en poussant le gouvernement français vers les biocarburants de 1ère génération. Même si ces derniers sont aujourd'hui enfin critiqués et montrent leurs limites voire leurs "approximations", ils ont fait du tort au GNV.

Il faut espérer, qu'à l'instar de l'Allemagne qui avait poussé le GNV en 2004 et qui vient de bloquer le développement des biocarburants, le gouvernement français favorise enfin le GNV et mette en place le protocole de 2005 qu'il a signé avec les industriels et qui prévoyait l'implantation de 300 stations GNV et 100.000 véhicules mis à la route d'ici 2010. Les flottes captives de l'Etat ou de sociétés publiques (Gaz de France, EDF, SNCF, DDE, La Poste, SS) représentent un gisement colossal pour l'implantation de voitures GNV et dont une très grande partie a un rayonnement départemental. Le gouvernement pourrait aussi demandé l'avis et le retour d'expérience de tous les élus locaux qui ont fait le choix du GNV pour leurs flottes municipales et/ou leurs bus.

Le GNV n'est pas le carburant idéal dans l'absolu. Il a simplement pour lui de cumuler beaucoup d'avantages pour peu d'inconvénients par rapport aux autres carburants, surtout dans sa version biogaz.